«Je serais curieux de savoir comment tu t’y prends pour évaluer ton prix d’entrée dans une position et j’aimerais aussi savoir quels sont les critères les plus importants sur lesquels tu te bases pour choisir tes titres boursiers potentiel.»
Telle était la question de Pierre-Olivier Langevin, du Journal Financier d’un Y, lors de l’ouverture de mon modeste blogue à l’été 2009.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, la question de mon confrère m’a fait prendre conscience de l’incroyable élasticité de ma philosophie de placement. Malgré deux années d’expérience boursière derrière la cravate, je suis difficilement en mesure de « vendre » ma façon d’investir.
Et pourtant, je possède actuellement 23 titres en portefeuille. Vous connaissez, de toute façon, mon penchant pour la diversification.
Je vous résume en quelques lignes ma philosophie de placement, qui se base à prime abord sur la qualité du bilan financier. Si l’entreprise possède beaucoup de liquidités et qu’elle évite l’émission de nouvelles actions pour financer sa croissance, je poursuis alors mon investigation. Bien évidemment, j’exige de payer un prix raisonnable en fonction d’hypothèse de croissance réaliste. Par contre, je ne suis pas un fervent des méthodes mathématiques ou techniques qui permettent, par exemple, de conclure que pour obtenir un rendement de 20% annuel composé sur un titre, l’achat initial doit se faire à moins d’un certain prix. En fait, il m’apparaît difficile de prévoir le futur bénéfice par action sur un certain nombre d’années et de poser une hypothèse de croissance à cet effet. Fondamentalement parlant, une entreprise oubliée par le marché, pénalisée sans véritable raison, bien gérée et habituellement rentable peut s’avérer être une occasion d’achat.
En vue d’uniformiser mon portefeuille et pour faciliter la gestion de mes nombreuses lignes, je me suis aussi fixé certains barèmes.
- DÉSORMAIS: Conserver un minimum de 100 actions par titre (lot régulier) si celui-ci se transige difficilement, mais possibilité d’acheter moins actions pour un titre intéressant mais très dispendieux (minimum de 25 à respecter)
- PATIENCE et STABILITÉ: Ne pas oublier le côté fondamental des compagnies achetées et accumuler, pour le long terme, plusieurs types d’actions, pour une bonne diversification.
- AGRESSIF: Par contre, limiter la spéculation. De plus, éviter les entreprises dont le ratio d’endettement dépasse 2,00 (liabilites-to-Equity ratio)
- GAINS: Laisser courir mes titres gagnants longtemps, ou en solidifier la position par une vente partielle.
- DIVIDENDES: Choisir en priorité des titres qui versent des dividendes croissants sur une base régulière.
- SOLIDITÉ: Privilégier la qualité et les sociétés rentables, indépendamment de la capitalisation boursière.
- DES ACTIFS NET NET EN COLLATÉRAL: Cueillir de précieuses Daubasses pour m’assurer d’un rendement potentiel même si l’investissement en question tournait mal. En fait, il est parfois plus facile d’acheter (et d’évaluer) un montant d’encaisse, des stocks, et d’autres créances que de vouloir tout comprendre de l’entreprise elle-même. À un si faible cours, j’obtiens souvent d’autres actifs gratuitement.
- VALEUR OU CROISSANCE: Je suis de ceux qui croient qu’il est inutile de séparer la première de la seconde.
- USA: Ne jamais acheté lorsque la conversion de devises s’élève à plus de 10%. S’il est vrai que l’effet de devise s’annule sur le long terme, il n’en demeure pas moins qu’il gonfle de façon importante le prix de revient au moment de l’achat. C’est un handicap important pour un petit portefeuille comme le mien.
Ma vision des choses s’apparente parfois à celle véhiculée par l’excellent blogue Québec Bourse. C’est en lisant le texte intitulé: « Des milliers de titres: trois catégories » que je me suis rendu compte que mon intérêt pour les titres de catégorie B n’était pas unique. J’y vais d’ailleurs d’une confidence; je possède des actions de XRX-N, SVU-N et CVS-N, toutes achetées lors de paniques générales injustifiées. Et c’est en constatant l’ampleur d’un important recul quotidien que je me suis mis à l’étude de ces entreprises pour ensuite faire le saut sans ne jamais avoir à regarder en arrière. Je dors néanmoins très bien la nuit, puisque mon portefeuille se compose aussi de solides piliers de catégorie A: MCD-N, WMT-N, BDX-N, PG-N…
Je pense que l’instinct et la confiance en soi sont deux compléments importants à une philosophie d’investissement disciplinée. Je n’hésite jamais à mettre un peu de piquant dans mon portefeuille, si l’heureuse élue me semble être un atout de taille pour les années à venir. Bien évidemment, certains pièges sont à éviter, tels que les étoiles filantes et les tranditionnelles value trap. Par contre, et même si l’aventure semblait risquée au moment de l’achat, il fallait toute une dose de courage pour mettre la main sur LLL-T à moins de 7,00$ en mars 2009. Si je n’avais pas dérogé quelque peu à mon code, mon meilleur coup de circuit de l’année ne serait qu’une pure fiction.
Je me suis permis quelques petits clins d’oeil, en faisant référence aux superbes blogues de mes confrères. Vous pouvez consulter les liens dans ma blogoliste. Je vous encourage à les lire, et à commenter. Par le fait même, n’hésitez jamais à me laisser vos impressions. C’est en échangeant que l’on peut, et je le crois fermement, apprendre sur l’investissement boursier, d’une philosophie à l’autre.
DOMINIQUE LAMY


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